Notre fierté belge: des richesses minérales : Nord ≠ Sud

Notre fierté belge: des richesses minérales : Nord ≠ Sud

Bouwkroniek, 01/06/2018Build to last - Duurzaam - Grind - Tuin

Le sol belge contient beaucoup de ressources minérales, mais celles-ci se localisent essentiellement en Wallonie. Cette inégale répartition géographique découle directement de la structure géologique de notre pays.

La frontière linguistique est presque parallèle à celle de la géologie. Grosso modo, le sol en Flandre et à Bruxelles se compose principalement de dépôts tertiaires et quaternaires, tandis que les gisements primaires et secondaires – qui contiennent la plupart des pierres de qualité – constituent la plus grande partie du sous-sol en Wallonie.

Notre fierté belge: des richesses minérales : Nord ≠ Sud

La Wallonie compte plus de dix régions agro-géographiques, chacune avec sa propre structure de sol. Cette zone comprend la plus grande masse de rocher cohérent de la Belgique. Il est donc normal que l’industrie minérale soit plus développée que dans les Flandres. De plus car une grande partie de la roche présente dans le sol de la région wallonne peut également être exploitée. 

Une brève leçon de géologie fondamentale

À l’époque, deux chaînes de montagnes se sont formées sur notre territoire. Par la suite, celles-ci ont été détruites par l’érosion et recouvertes de différents sédiments. Les plus anciennes montagnes (420 millions d’années), les montagnes calédoniennes, se composent de terres où des éruptions se sont produites, ce qui a conduit à la grande extraction de porphyre à Quenast, à Lessines et à Bierghes. À la place de la chaîne de montagnes calédoniennes, s’est formée plus tard la chaîne hercynienne (360 millions d’années), avec des dépôts qui ont conduit à la création de la plupart de l’arkose, de grès, de calcaire et de dolomite qui sont toujours intensivement exploités dans le sud du pays.

Au cours de la période du Crétacé (90 millions d’années) et du Tertiaire (60 à 3 millions d’années) différents sédiments se sont déposés sur les plis du socle hercynien par le mouvement émergeant et repliant de la mer. Ces couches de revêtements, surtout en basse et moyenne Belgique, contenaient beaucoup de roches cohérentes de la famille de la « pierre blanche », à laquelle appartiennent entre autres le calcaire de Gobertange (proche de Jodoigne dans le Brabant wallon) et celle de Balegem, dans la commune d’Oosterzele en Flandre orientale. Il s’agit d’ailleurs de la dernière pierre cohérente extraite en Flandre. C’est aussi dans ces couches de revêtements du socle hercynien que nous retrouvons des roches détachées comme le sable, l’argile, le gravier, etc. Bien que leur importance architecturale et artistique ne soit pas si grande, ils sont importants pour le secteur de la construction.

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Une économie basée sur le sable

Les dépôts tertiaires et quaternaires qui forment le sol en Flandre et à Bruxelles, sont pauvres en roches cohérentes de qualité. En haute Belgique, la désagrégation du grès dur et primaire, a conduit à la création de nombreux et de variés dépôts de sable qui sont utilisés pour les besoins locaux. Malheureusement, ces bancs s’avèrent trop petits pour envisager une exploitation à l’échelle industrielle. C’est dommage parce que le sable est une matière première très recherchée qui se fait de plus en plus rare en Belgique.

Il y a encore le substrat dans le Brabant Wallon, la seule région de Belgique où nous trouvons autant de sable de bonne qualité, tant pour la construction que pour des applications industrielles, mais les exigences environnementales empêchent l’ouverture de nouvelles carrières de sable. Là où le Brabant wallon dans les années 80 du siècle dernier comptait encore plus de 80 carrières de sable, maintenant, il n’y en reste que deux encore actives. 

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La mer du Nord, le nouvel Eldorado

Heureusement, il y a la mer du Nord. En Belgique, l’extraction de sable et de gravier a commencé en 1976. Au départ, cela se faisait à une échelle modeste (29 000 m3), mais l’activité a progressivement augmenté au cours des années en raison de l’intérêt croissant pour le sable de mer suite à l’épuisement des carrières de sables à l’intérieur du pays. Depuis 1976, 62 millions m³ de sable ont déjà été extraites de la mer. En Belgique, l’importance sociale et économique du sable de mer se voit croissante : les 30 dernières années, il est devenu l’un des matériaux de base pour l’industrie de la construction qui l’utilise comme matière première pour la fabrication de béton, d’asphalte, de mortier de montage ou comme matériaux de drainage, de fondation et de remblayage. Dans les années 90 du siècle dernier, les grands projets d’infrastructure, telle que la construction de gazoducs, nécessitaient de grandes quantités de gros sable et de gravier. Actuellement, environ 3 millions de tonnes de sable de mer belge sont extraites par an, dont environ 80 % a destinées à l’industrie de la construction.

La région flamande utilise également le sable pour la protection du littoral et la remise en état des plages. En 2014, environ 3,5 millions de m³ de sable ont été extraites pour le remplacement (bouchage) des plages, afin d’éviter l’inondation de la côte, en cas de très hautes marées. 

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Source : Chronique de la Construction, 01/06/2018

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